Des associations aux orientations et aux mandats divers décident de mettre en commun leurs efforts pour veiller au respect des droits des personnes qui ont dû quitter leur pays et qui cherchent refuge au Luxembourg, en accord avec les normes internationales et européennes et la législation luxembourgeoise. Le suivi de l’évolution de ces instruments, leur transposition en droit luxembourgeois et leur mise en œuvre ainsi que la sensibilisation de l’opinion publique à la problématique du droit d’asile, constituent le cœur du travail du Collectif.

 

 

 

 

Histoire du Collectif :  les débuts du Lëtzebuerger Flüchtlingsrot (LFR)

 

 

C’est à partir du printemps 1990 que des membres de différentes associations se rencontrent règulièrement autour de la question des réfugiés au Luxembourg : les uns sensibilisés à partir de la rencontre œcuménique « Paix, Justice et sauvegarde de la création de Bâle » en 1989, d’autres par la rencontre de réfugiés en détresse, à l’ancien couvent de Howald notamment; les uns défendant le droit d’asile, car ancré dans la Convention de Genève, - dont le UNHCR est le garant-, les autres axés sur la défense des droits de l’homme ou encore des droits des étrangers.

 

Lobbying auprès des autorités  et sensibilisation du public étaient les objectifs, tout en échangeant les informations et expériences. L’invitation d’un représentant du « Dutch Refugee Council » a permis au LFR de définir sa structure de travail. Un réseau où chaque organisation-membre garde son autonomie et dont le secrétariat est assuré à tour de rôle par les membres possédant une structure professionnelle. Le consensus constitue la méthode de travail.

La participation d’un des membres au « european refugee council (ECRE) » a ouvert le LFR aux initiatives et au know-how d’un réseau compétent depuis des années en matière d’asile.

Le premier grand travail fut la rédaction d’un projet de loi sur l’asile qui aboutit à la première loi sur l’asile au Luxembourg*. Des avocats, amis des réfugiés et un professeur de droit international de l’Université de Nijmegen/Nl y ont prêté mains fortes. Un avocat du Luxembourg, partenaire dans la défense du droit d’asile, fut d’ailleurs membre du « european legal network on asylum (ELENA) » qui organise des formations sur le droit d’asile pour juristes .

Une autre initiative, « d’gëllend Härz fir d’Flüchtlingen » permit de remercier chaque année, lors de la journée des réfugiés,  célébrée à ce moment en octobre, une personne, voire un groupe de personnes, particulièrement engagées auprès des exilés.

Un piquet de vigilance fonctionnant de jour à la place Clairefontaine et ceci pendant des semaines, une action auprès d’un hôtel situé en proximité de l’aéroport ou l’occupation de l’aéroport ont eu comme conséquence que le nombre des retours forcés de déboutés a pu être limité au Luxembourg.

Les média ont dès le début relayé nos prises de position et actions avec bienveillance. Les Gouvernements successifs ont écouté et pris note des revendications du LFR et y donné suite dans la mesure de leurs possibilités et agenda politique.

La réforme du droit d’asile en 2005 et 2006 ont montré que l’harmonisation européenne risquait d’entraîner un nivellement vers le bas du droit d’asile.

Que les acteurs actuels du LFR restent vigilants et actifs !

Agnes Rausch, le 8 juin 2017  

* loi du 3 avril 1996 portant création d'une procédure relative à l'examen d'une demande d'asile